Le 26 décembre ont été publiés divers décrets détaillant les modalités de mise en place de la certification périodique, qui s’impose désormais à tous les kinésithérapeutes en exercice. Le Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes se félicite de la publication de ces décrets longtemps attendus.
La certification périodique est un dispositif mis en place par la loi du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé. Elle vise à garantir le maintien et l’actualisation des compétences tout au long de la vie professionnelle, dans un objectif de qualité des soins et de sécurité des patients.
Le décret n°2025-1335 du 26 décembre 2025 définit quant à lui les modalités de contrôle et de suivi de l’obligation de certification périodique des professionnels de santé par les ordres professionnels et le service de santé des armées. Il précise également les procédures applicables en cas de manquement à cette obligation. Il instaure par ailleurs le téléservice « Ma Certif’Pro Santé », ayant pour finalité de mettre à la disposition des professionnels de santé des comptes individuels retraçant l’historique de leurs actions en matière de certification périodique. Enfin, ce décret détermine également les modalités de saisine de la Haute Autorité de Santé qui a vocation à garantir le respect des référentiels de certification à la méthodologie d’élaboration définie par arrêté ministériel.
L’Ordre travaille en étroite collaboration avec le conseil national professionnel de la kinésithérapie qui est le Collège de la masso-kinésithérapie (CMK), pour accompagner les kinésithérapeutes dans leurs démarches de certification périodique en mettant à disposition des ressources adaptées.
L’arrêté du 26 février 2026, publié au Journal officiel le 27 février 2026, présente les référentiels de certification périodique applicables aux professions de santé relevant d’un ordre professionnel, dont celui désormais obligatoire pour l’ensemble des kinésithérapeutes en exercice. Le référentiel des kinésithérapeutes permet de préciser le cadre élaboré par le Collège de la masso-kinésithérapie (CMK) et validé par la Haute Autorité de Santé (HAS). Il définit, pour chacun des quatre axes de la certification, le contenu des actions de formation ainsi que la méthodologie attendue.
MODALITÉS ET DUREE DE LA CERTIFICATION PÉRIODIQUE
Les 4 axes du parcours de la certification périodique
- Actualiser ses connaissances et compétences
- Renforcer la qualité de ses pratiques professionnelles
- Améliorer sa relation avec les patients
- Mieux prendre en compte sa santé personnelle
Les axes retenus reprennent en grande partie les thématiques déjà développées dans le cadre du Développement Professionnel Continu (DPC) et de l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP). Le quatrième axe introduit une dimension inédite.
La certification périodique des kinésithérapeutes s’inscrira dans un cycle de :
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- 6 ans pour les kinésithérapeutes ayant débuté leur activité après la date officielle de lancement de la certification
- 9 ans pour ceux ayant débuté avant la date officielle de lancement de la certification.
La durée du cycle est augmentée par rapport au DPC afin de permettre aux professionnels de réaliser deux actions dans chaque axe, c’est-à-dire huit actions au total, au cours de la période de référence.
L’ÉCOSYSTÈME DE LA CERTIFICATION PÉRIODIQUE
Trois organisations seront mises à disposition des kinésithérapeutes pour leur certification périodique : le CMK, l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes et l’Agence du numérique en santé (ANS).
- Le CMK pour élaborer les quatre axes des référentiels de certification de la profession. Il est également une ressource pour accompagner les professionnels dans leur processus de certification.
- L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes pour veiller au bon déroulement du processus de certification et pour contrôler, dans un délai de 6 mois à compter de l’échéance de la période de certification du professionnel concerné, le respect des obligations de certification périodique des kinésithérapeutes. Ainsi, le fait pour un kinésithérapeute de ne pas avoir suivi les huit formations sur les quatre axes imposés, à l’issue de la période de certification (6 ou 9 ans) est susceptible d’entraîner une procédure de suspension temporaire d’exercice pour insuffisance professionnelle. Cette procédure ne fait pas obstacle à une action disciplinaire.
- En parallèle, l’agence du numérique en santé (ANS) développera le téléservice « Ma Certif’Pro Santé » sur laquelle les actions de formation des professionnels seront enregistrés. Un code couleur (vert, orange, rouge) permettra au professionnel de connaître l’état d’avancée de son processus de certification.
SUIVI ET CONTRÔLE DE LA CERTIFICATION
- Deux organismes pour accompagner et contrôler :
L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, en coordination étroite avec le CMK pourra proposer un accompagnement aux kinésithérapeutes en situation de retard ou de carence dans leur processus de certification.
- Deux nouveaux outils pour accompagner les kinésithérapeutes :
Le référentiel de certification élaboré par le CMK sera prochainement mis à disposition des kinésithérapeutes, pour les accompagner dans leur choix de formation, et à disposition des organismes de formation continue pour élaborer leur programme de formation.
Un téléservice national unique nommé « Ma Certif’Pro Santé » est en cours de développement par l’Agence du numérique en santé (ANS) et permettra au kinésithérapeute de suivre sa progression.





